Illustration de Yoon Yves (@yoon_yves)
On raconte volontiers la naissance d’une maison d’édition comme on raconte un coup de foudre : un livre fondateur, une rencontre décisive, une intuition qui, soudain, devient destin. La réalité, souvent, démarre dans des gestes plus petits. Des tableaux comptables faits à la main. Un coin d’appartement envahi d’invendus. Et, autour de cela, une question qui revient : comment faire pour que des textes – ceux qui vous travaillent et qui vous déplacent – rencontrent leurs lecteurs et leurs lectrices ?
Ce texte est le récit d’un apprentissage au long cours : apprendre un métier sans y avoir été formé, gagner en efficacité sans se renier, apprendre à faire confiance. On y croise des manuscrits par milliers, des coéditions fécondes, la rentrée littéraire haïe puis apprivoisée, et, en filigrane, des convictions qui s’affermissent : l’argent n’est qu’un moyen, la lecture est la condition de tout le reste, et la fiction est un voile qui laisse passer des idées. Quinze ans plus tard, l’histoire continue, comme une suite d’amitiés et de livres à venir.
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